Maux par mots – Marie-Sophie Peytou
L'humeur du temps

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vendredi 2 mars 2012 Art de vivre
Pourquoi faire mal quand on a mal ?

C’est une planche de Boule et Bill que j’aime beaucoup ; on y voit le père rentrer de son travail et comme cela s’est mal passé, il attrape sa femme pour une broutille. Furieuse, la mère gronde Boule quand il rentre de l’école. Celui-ci s’en va alors décharger sa colère sur Bill, son chien, qui n’a d’autre recours que d’aller se venger sur Caroline, la tortue…
Toute ressemblance avec une situation vécue n’est absolument pas fortuite !

C’est une attitude courante, lorsque nous vivons une difficulté, de chercher un bouc émissaire, un responsable. Cela n’est pas trop grave (quoique…) quand il s’agit d’envoyer un coup de pied à la porte contre laquelle on s’est cogné, mais cela peut le devenir davantage quand notre agressivité se reporte sur nos proches.
Prendre conscience de ce réflexe assez communément répandu pourrait nous permettre de progresser. L’autre (mon conjoint, mon enfant, mon voisin etc) n’est pas le responsable de tous mes malheurs. Le fait de l’agresser, voire de l’accuser, pourra certes nous soulager de façon momentanée, mais à long terme, nous faisons un mauvais calcul et nous risquons d’ajouter à la liste de nos ennuis un souci de plus. Prendre un peu de distance face à ses émotions, accepter de ne pas chercher un responsable à tout prix, c’est plus difficile mais sûrement plus constructif à long terme.

De la part de l’autre, celui qui est agressé, il s’agira aussi de prendre du recul et de comprendre que l’agressivité dont il fait l’objet ne lui est pas réellement destinée. Ce n’est pas facile du tout, surtout si la chose se reproduit souvent, mais cela permet au moins de ne pas se sentir coupable de ce que l’on nous reproche et de garder une certaine sérénité.

Dans tous les cas, il s’agit de prendre un peu de distance par rapport à nos émotions premières et de ne pas se lancer dans des accusations sans fondement: ma femme n'est pas responsable de l'échec de ma réunion professionnelle, mon frère n'y est pour rien si j'ai raté mon interro de math...je vous laisse décliner les exemples qui vous parlent le plus!

C’est un combat de longue haleine. Peut-être faudra-t-il ruser en allant faire un tour du quartier quand nous sentons que le malaise est trop violent pour être contenu, ou bien acheter un punching ball qui pourra recevoir toute notre agressivité…ou bien, dans les cas vraiment graves, choisir d’aller consulter un professionnel pour être aidé dans cette démarche
 
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