Maux par mots – Marie-Sophie Peytou
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jeudi 5 avril 2012 Livres
Gabin
Hélène Larger
Editions du Toucan (septembre 2011)


« Mais je veux l’écrire tout de même car ce qui déborde de mon cœur, mes mains doivent l’écrire » (p9)

Hélène Larger apprend au cinquième mois de sa grossesse que l’enfant qu’elle attend est atteint de graves malformations cardiaques. Elle raconte son histoire, celle de son petit garçon, Gabin, depuis l’annonce de sa maladie jusqu’à sa mort, 38 jours après sa naissance.
Ce livre tout simple nous fait partager sa tristesse, ses révoltes et sa détermination courageuse : refusant l’interruption médicale de grossesse autant que l’acharnement thérapeutique, elle choisit de donner à son fils la plus belle vie possible, même si elle ne sera pas bien longue.

L’auteur ne fait aucune leçon de morale (« Une chose est d’avoir des principes, une autre de les vivre » p22) mais distille quelques réflexions sur le sens de la vie qui sont autant d’invitations à nous interroger en profondeur.
Ainsi affirme-t-elle à propos de Gabin : Qu’allait être sa vie, nous ne le savions pas, mais elle aurait du sens » (p31). Et ce sens, il est trouvé tout naturellement dans l’amour reçu et donné : n’est ce pas ce qui fait la beauté d’une vie, qu’elle qu’en soit sa durée ? « La vie de Gabin n’a pas été moins remplie que celle d’un autre, puisqu’il y a eu l’amour » (p87)

A propos de la difficulté d’avoir pris une telle décision, la jeune femme affirme aussi « que le remord se paie plus cher que le courage » (p44). Elle donne ainsi une des clés de la paix intérieure qu’elle dit avoir retrouvée maintenant, même si la souffrance est toujours présente. L’être humain hésite parfois à choisir un chemin qui lui semble difficile, car il ne se croit pas capable d’aller jusqu’au bout, mais il ne doit pas oublier qu’il est plein de ressources : il s’agit de vivre chaque jour ce qu’il y a à vivre, sans se projeter trop loin dans l’avenir. C’est sans doute cela le courage.

Enfin, c’est aussi à une réflexion sur la maternité que nous sommes conduits : « Etre une maman, c’est donner la vie en entier, avec la fin » (p96). Belle leçon d’humilité qui nous invite à ne pas nous sentir les propriétaires de nos enfants…
 
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