Maux par mots – Marie-Sophie Peytou
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mardi 18 juin 2013 Films
Le passé
Asghar Farhadi


« Après quatre années de séparation, Ahmad arrive à Paris depuis Téhéran, à la demande de Marie, son épouse française, pour procéder aux formalités de leur divorce. Lors de son bref séjour, Ahmad découvre la relation conflictuelle que Marie entretient avec sa fille, Lucie. Les efforts d'Ahmad pour tenter d'améliorer cette relation lèveront le voile sur un secret du passé. »

Le nouveau film de Asghar Farradi invite à réfléchir, tout en suscitant des émotions profondes et contrastées : tristesse, colère, interrogations, rire parfois…Les personnages, portés par des acteurs très émouvants, nous touchent profondément par leurs fragilités, leurs maladresses et leurs souffrances.

Comme dans son film précédent Une séparation (voir mon compte rendu dans la même rubrique), l’auteur aborde le sujet du couple et de la séparation. Cette fois ci, il le fait sous un angle différent, en montrant davantage les conséquences des disputes et des ruptures sur les enfants. Ceux-ci, quel que soit leur âge, servent à régler des comptes entre adultes. Au mieux, ils sont les spectateurs impuissants de situations qui les dépassent.
La plupart des adultes (sauf Ahmad) ont par ailleurs des comportements adolescents. Ils agissent sous l’impulsion du moment, sans jamais envisager les conséquences de leurs actes. La réflexion se fait presque toujours après coup, quand il est trop tard.

Un autre thème très présent dans l’œuvre, c’est celui du mensonge. L’auteur montre admirablement comment le mensonge du départ (la liaison secrète de Marie et de Samir) va entrainer une série de mensonges en cascade. Aucun des protagonistes, adulte ou enfant, n’en sortira indemne. Le mensonge fonctionne comme une réaction en chaine, avec ses explosions plus ou moins violentes, dont les effets sont difficilement contrôlables.
Ahmad essaie toujours de dire la vérité, mais il est parfois trop tard pour que l’effet en soit bénéfique. Parfois, il en est même empêché par les autres personnages, qui ne veulent pas voir la vérité en face (par exemple lors de la dernière rencontre avec son ex-femme).

L’auteur filme en moraliste, mais ne fait jamais la morale : chaque personnage est attachant, aux prises avec ses difficultés, ses remords, ses rêves de bonheur et d’harmonie…mais trop souvent englué dans ses émotions et ses envies du moment. Au lieu de les voir se laisser guider par les événements, on aimerait qu’ils prennent le temps de réfléchir, qu’ils se posent pour essayer de choisir en toute liberté …qu’ils aillent voir une conseillère conjugale par exemple ?
 
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