Maux par mots – Marie-Sophie Peytou
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mardi 25 février 2014 Conférences
Comment favoriser l'estime de soi chez les enfants.
Virginie Tesson

Une fois n'est pas coutume, je donne la parole à une autre et vous propose une petite synthèse de la conférence qui a eu lieu jeudi 20 février 2014 au collège Saint Thomas d'Aquin à Oullins (69)
Ce n'est bien sûr qu'un tout petit aperçu, mais vous pourrez vous rendre sur le site de la conférencière pour avoir plus de matière et, pourquoi pas, participer à l'un de ses stages.


Le but de l'éducation est d'accompagner nos enfants sur le chemin du bonheur, leur apprendre à faire les bons choix, à mener leur vie ; notre mission est biodégradable, c'est à dire que notre rôle est de nous effacer pour qu'ils deviennent des adultes responsables ; pour cela, il faut qu'ils aient une bonne (ou saine) estime de soi.
Mais il ne s'agit pas non plus de culpabiliser les parents : au contraire, il nous faut retrouver la joie d'être parents, avoir confiance en nous-mêmes.

Une personne qui apprend à s'estimer se sent mieux, prend des risques, développe ses capacités. Il n'y a pas d'âge pour travailler cela ! C'est un travail que chacun peut faire à l'intérieur de soi ; par exemple plus je suis entraîné à l'estime de soi, plus je vais pouvoir me rappeler les bons moments de ma journée, de ma vie. Au contraire, quand on a peu d'estime de soi, on a du mal à se les rappeler.

A l'adolescence, les enfants sont très vulnérables, ils sont inquiets de ce qu'ils sont, de ce qu'ils sont en train de devenir. Il faut les rassurer sur eux-mêmes, leur révéler leur beauté, ce dont ils doutent en permanence, malgré leurs airs arrogants...Pour qu'ils puissent se confier, parler d'eux, ils ont besoin de se sentir écoutés, aimés de manière inconditionnelle et pas manipulés. Cela demande aux parents beaucoup de patience et de persévérance !

Qu'est-ce que l'estime de soi ? C'est la conjugaison de deux éléments :
L'amour de soi est du domaine de l'être : se sentir aimé pour ce qu'on est, indépendamment de ce que l'on fait.
La confiance en soi est du domaine de l'agir, c'est le fait de se sentir capable de faire des choses, de les réussir ou de savoir rebondir quand elles échouent.

Pour tester un peu son enfant, on peut lui demander de dire 5 qualités et 5 défauts qu'il pense avoir; la vitesse de la réponse est très instructive...
Celui qui s'aime ne va pas se comparer aux autres ; il fait des choix personnels et sait être original. A l'inverse, plus un enfant est peu sûr de lui, plus il va avoir besoin de signes extérieurs pour exister (par exemple les marques de vêtements).
Quelqu'un qui s'aime peut entendre les critiques, car le fait de ne pas toujours faire bien est supportable quand on s'aime. Quand on n'accepte pas la critique, c'est qu'on se protège.
On peut aussi demander à son enfant : « Pour toi la vie, c'est quoi ? » Selon sa réponse, on aura des indices de son degré d'estime de soi : un combat, une aventure, une fête...
La posture dit aussi beaucoup : quand on s'aime, on se tient droit, on s'offre, on parle clairement; à l'inverse, quand on se mésestime, on avance en baissant la tête, on détourne le regard etc...
La gestion de ses émotions est aussi importante : il est capital de savoir exprimer ses émotions, de ne pas les laisser enfermées en soi. Une faible confiance en soi jointe à une difficulté à gérer ses émotions, c'est la porte ouverte à la spirale de la violence.
Les choses ne sont pas différentes pour quelqu'un qui s'aime ou quelqu'un qui ne s'aime pas, mais par contre, les choses seront vécues différemment.

Comment pouvons nous agir en tant que parents ? Tout ce qui vient des parents a un impact énorme car l'enfant vient toujours vérifier son image dans leur regard. Il est aussi important que les parents prennent le temps de guérir leurs blessures personnelles pour aider vraiment leurs enfants.

Aider son enfant à grandir dans l'amour de soi
Transmettre son affection : bonjour, bonsoir...en le faisant de manière aimante et non par obligation ou habitude.
Célébrer la personne pour ce qu'elle est : anniversaire, fête...Lui montrer que nous sommes heureux qu'elle existe
S'intéresser à lui, à son univers (sa musique, ses films, ses amis...) sans être sans arrêt dans le jugement de valeur. On n'est pas obligé d'aimer tout ce qu'il aime mais on peut faire l'effort de s'intéresser à ce qu'il aime ; ce sera peut-être aussi le moyen de le voir s'intéresser à ce que nous aimons .
L'écouter s'exprimer, donner son avis en le considérant comme une personne , même si cela ne nous empêchera pas aussi de poser des limites (les deux sont très importants!)

Favoriser la confiance en soi (pour qu'un jour il puisse dire «  je suis capable »)
Donner des encouragements : «  Bravo, tu as essayé » quels que soient les résultats par la suite...
Aider son enfant à enraciner les bons procédés : en lui parlant de sa journée, éviter de lui demander uniquement « Qu'est-ce que tu as eu comme notes ? » mais plutôt « De quoi es-tu satisfait aujourd'hui dans ce que tu as fait ! ».
Privilégier les remarques positives : pourquoi voyons-nous toujours le cartable qui traîne dans le couloir et jamais le blouson accroché au porte-manteau ?
Prendre la responsabilité de ses émotions (c'est le principe de la communication non-violente) : par exemple au lieu de dire : « TU m'énerves quand tu ne ranges pas ta chambre ! » disons « JE suis énervée quand tu ne ranges pas ta chambre! »
Célébrer les réussites : permis, examens (célébrer n'est pas forcément récompenser).
Proposer des défis à leur mesure mais pas trop démesurés pour ne pas les mettre en échec.
N'oublions pas aussi de leur montrer nos échecs. Cela fait partie de la vie, cela ne signe pas la fin du monde.

La conférencière a bien précisé que l'angoisse de séparation est souvent le point de départ d'un manque d'estime de soi, mais comme c'est un sujet bien spécifique, elle ne souhaitait pas l'aborder ce soir là. Pour plus d'information sur l'angoisse de séparation, on peut lire le livre de Bernadette Lemoine Maman ne me quitte pas (Éditions Saint Paul 2005)

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Pour en savoir plus sur Virginie Tesson et connaître son travail:
virginietesson@gmail.com
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